“2020 année de tous les fléaux ?”

“2020 année de tous les fléaux ?”

Nous voici déjà mi-juin. Il fait beau et chaud et nous devrions pouvoir profiter pleinement de notre potager. Je dis bien “devrions” car ce n’est malheureusement pas toujours le cas.

Nous avons passé des heures, voire des jours à semer et repiquer et n’avons plus qu’une envie : passer à la récolte. Seulement voilà, tout ne se passe pas toujours comme prévu. Des plants disparaissent mystérieusement, les haricots qui commençaient à pointer le bout du nez se retrouvent déracinés dès le lendemain, des plants de choux se racornissent et meurent tandis que nos rangs de laitue se flétrissent.

Nous avons malheureusement tous vécu ce genre d’expérience et cette année 2020 semble battre tous les records. Entre sécheresse, vent soutenu, orages violents pour certains, ravageurs et maladies, les jardiniers ne savent parfois plus à quel saint se vouer.

Dans mon petit coin de Hollande, je ne dois pas me plaindre trop de la sécheresse ni même des orages pour le moment. Par contre, pour la première année, mes plants souffrent d’attaques de lapins et quelques autres voraces que je vais passer en revue.

Parmi les principaux ennemis du jardinier, on retrouve bien sûr les limaces. Dans les jardins, les hostas attirent particulièrement ces petites voraces qui peuvent occasionner de terribles dégâts. A certaines périodes, elles s’attaquent à tout ce qui leur tombe sous la dent. Adieu courges, laitues, haricots, pois, carottes ou navets. Souvent, il ne reste de leur passage qu’une trace gluante.

Mais que faire me demanderez-vous? Pas grand chose malheureusement. N’en déplaise à certains, toutes ces soi-disant recettes de grand-mère que vous trouverez sur le net et les différents groupes FB n’ont qu’une efficacité très relative : qu’il s’agisse de coquilles d’oeufs broyées, de marc de café, de pièges à bière etc… Vous réussirez peut-être à sauver l’un ou l’autre plant mais en cas d’invasion massive, jamais vous ne réussirez à obtenir les résultats espérés. Bien sûr, il reste l’option granulés (comme ceux de la marque ECO-style) mais je répugne à les utiliser, même si les fabricants les garantissent sans danger pour la faune.

Je suis d’avis qu’un jardin doit pouvoir accueillir les prédateurs naturels des limaces, qu’il s’agisse du hérisson,des oiseaux, de certaines araignées ou d’insectes. Pour les accueillir, il faudra bien sûr leur créer un environnement propice en prévoyant des haies et des arbres, en laissant des zone sauvages ou en étalant du paillage sur les cultures. Il faudra éviter notamment les clôtures et autres murs infranchissables pour le hérisson.

Le jardin que je cultivais il  y a quelques années de cela se trouvait en pleine campagne et je n’ai jamais eu de souci avec les limaces. Mais depuis que je cultive un potager de taille plus modeste en ville, je remarque régulièrement la disparition de l’un ou l’autre plant de courge ou de concombre.

En ce qui concerne les haricots, je conseille de les couvrir d’un filet dans un premier temps. Cela évitera ainsi que les ramiers, les corneilles et  les pies ne viennent les déterrer pour se régaler des deux moitiés de haricot encore présentes au bout des jeunes tiges.

Un autre ravageur qui ne m’avait jamais posé de problème dans mon potager précédent, c’est le lapin! Ces petites peluches pullulent cette année. Tous les jours, j’en compte au moins sept qui viennent grignoter quelques jeunes plants; Cerise sur le gâteau, ils ont également décidé d’installer leurs terriers dans le jardin.

Il faut savoir que je cultive actuellement une petite parcelle située sur un terrain communal. En sus de cette parcelle, il y a également des bacs mis à la disposition des habitants du quartier, un coin consacré aux petits fruitiers, des ruches, une butte pour la culture des courges et un petit coin sauvage. Nous devons donc respecter le règlement communal qui interdit la capture des lapins pour les relâcher ailleurs. En fait, nous sommes pieds et poings liés et ne pouvons rien entreprendre.

Les riverains se divisent en deux clans : ceux qui trouvent les lapins mignons et ceux qui aimeraient bien s’en débarrasser car ils causent de nombreux dégâts, que ce soit dans les potagers ou les jardins privés. Le nombre de ces lapins ne se limite malheureusement pas à sept, ils sont des dizaines dans le quartier à se reproduire allègrement et ils n’ont aucun prédateur.

Il ne nous reste donc plus qu’à protéger tant bien que mal nos cultures en les couvrant de grillages ou en tendant des fils électrifiés. Cela peut vite représenter un certain budget, d’autant plus que les jardiniers sont pour la plupart des bénévoles. L’investissement serait peut-être rentable sur un terrain privé.

J’en viens maintenant aux laitues. Vous avez sans doute déjà entendu parler des vers gris qui sont en fait les larves des tipules. Ils vivent dans le sol et se nourrissent des racines des plants. Si vos plants de laitue se mettent subitement à flétrir, il suffit de creuser un peu pour trouver le coupable.

Les choux en font également les frais. Mais ces derniers peuvent également être victime de la hernie du chou. Le pied de la plante se déforme et finit par mourir. Pour une fois, cela n’est pas dû à un ravageur mais à un champignon. Un peu de chaux au pied lors de la plantation et le problème est réglé. Cette maladie est plus fréquente dans les terrains acides et sablonneux que dans les sols argileux car le pH y est généralement plus élevé.

Mais la liste n’est pas terminée. Les piérides (du moins leurs chenilles) sont également très friandes des choux. Heureusement, il suffit de les retirer à la main et de les éliminer ou de couvrir vos rangs avec un voile anti-insectes.

Comme je le mentionnais plus haut, nous sommes en juin. Il sera bientôt temps de récolter les premières pommes de terre. Mais c’est également le moment où les doryphores font leur apparition. Rares il y a encore peu, ils sont de plus en plus présents dans nos potagers. Friands du feuillage des pommes de terre, ils peuvent ruiner une récolte si on ne les repère pas à temps. Ils sont faciles à retirer à la main.

Les pommes de terre ont un autre prédateur : le taupin. Il s’agit d’un petit ver assez coriace de couleur orangée qui creuse des galeries dans les tubercules. Pour limiter leur nombre, on peut toujours répartir des morceaux de pomme de terre dans le potager et éliminer tous les vers qui y seront attirés.

Passons maintenant à la mouche de la carotte. Cette petite coquine dépose ses oeufs à proximité des racines, juste à la surface du sol. Une fois éclos, les vers n’ont plus qu’à se diriger vers les racines dans lesquelles elles vont forer des galeries pas très ragoutantes. Pour limiter leurs attaques, j’entoure mon parc de carottes d’un voile anti-insectes sur une hauteur d’1m, les mouches ne volant jamais plus haut que 80 cm.Le voile devra cependant être enterré sur une profondeur de 10 cm.

Puis il y a les pies, les pigeons ramiers, les corneilles. A moins d’avoir un bon chat, les filets tendus sur les cultures restent la meilleure solution pour prévenir leur dégâts.

Mais ce n’est pas tout. Je n’ai même pas abordé le problème des rats taupiers, des guêpes et j’en passe. J’y reviendrai dans un article ultérieur car le temps et la place me manquent ici.

Bien sûr, nos légumes ne doivent pas être parfaits. Un de mes voisins a récemment arraché toutes ses quesses (feuilles de navet) et les a mises au compost parce que les feuilles étaient trouées… Même si visuellement elles n’étaient pas parfaites, elles restaient cependant tout à fait consommables. Il faut pouvoir accepter que les légumes que nous cultivons sont différents de ceux que l’on trouve dans un supermarché. Ils sont parfois un peu mal fichus mais tellement meilleurs.

La vie du jardinier est loin d’être un long fleuve tranquille mais en respectant la nature et en faisant preuve d’un peu de patience, les problèmes se résolvent parfois tout seuls. Prenons pour exemple les pucerons. Ils sont extrêmement nombreux cette année mais il m’a suffi de patienter un peu pour voir arriver les coccinelles et leurs larves qui n’en ont fait qu’une bouchée. Evitons de pulvériser du poison sur nos cultures,ce n’est bon ni pour nous ni pour l’environnement.

Pour les plus impatients, il existe de nombreux purins pour éloigner chenilles, pucerons et autres ravageurs. Je ne suis pas non plus partisan des mélanges “naturels” à base de savon noir même si c’est un produit qu’on utilise depuis des années. Qui sait si c’est vraiment sans danger à long terme.

Pour moi, un potager doit être un passe temps agréable et sain et certainement pas une lutte permanente contre la moindre petite bestiole. A bientôt, en espérant que la situation s’améliore au potager.

Wim Boers.

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